samedi, 29 septembre 2007
Une chanteuse de chansons
Il y a un an, j'interviewais Marianne James à l'occasion de la sortie de son album. Cette interview est parue sous forme de 4 questions dans Télé Guide. A l'occasion de la diffusion de son nouveau clip "Dans la rue", voici une version bien plus longue. Voir le clip 
Son album « Marianne James », inspiré par le spectacle Le Caprice de Marianne, déjà interprété 150 fois, vient de sortir, la diva nous dit tout sur son disque.
Tu as dit : « Il m’a fallu 19 années à cerner ce que je ne voulais pas faire et une à comprendre ce que j’aimais vraiment ». Il faut tant de temps que ça ?
Quand tu as plusieurs cordes à ton arc, que tu viens à la fois du théâtre de rue, de l’impro, de l’opéra, du clown, du transformisme et de la télévision, à un moment on te demande : « Mais que veux-tu faire ? ». Je réponds : « C’est chanter que je veux ». Alors pourquoi ne pas avoir chanté dès le début ? Et bien parce que ça ne marchait pas et qu’il fallait grailler. J’ai attendu de faire Ulrika dans l’Ultima Récital, un spectacle 90% chanté et 10% parlé avec des sketches et des impros assassines. Puis La Nouvelle Star où ce n’est que de l’impro : Je suis assassine, cabote, les yeux pleines de larmes, rugissante de colère, donneuse de leçons, rudoyeuse, tutoyeuse. Une vrai Messaline. Pouce levé, c’est oui, pouce baissé c’est non. Mais le pouvoir ne m’intéresse pas, ce que je veux c’est chanter. D’ailleurs, la dernière chanson de mon album s’appelle « Juste une chanteuse de chansons ».
Ce doit être étrange de mettre 20 ans à sortir son premier album et de voir des petits jeunes mettre 3 mois à sortir le leur à 17 ans.
La Nouvelle star est un ascenseur pris par 10 gamins. Un ascenseur supersonique. Mais qui malheureusement redescend aussi très vite pour certains, ce qui est d’une cruauté absolue. Ils ont tous le droit d’entrer dans l’ascenseur parce qu’ils ont tous du talent, mais il faut aussi de la magie, de la personnalité ou une destinée. Christophe n’est pas devenu artiste, il l’était avant et nous l’avions entendu. Oui c’est impressionnant quand toi tu rêves. J’avais le même rêve qu’eux. Je vis le même rêve qu’eux. Mais l’ascenseur a été plus long. Eux c’était des TGV, moi c’était un TER qui fait toutes les stations, mais ce n’est pas grave, j’y suis arrivée.
Parle-moi des thèmes abordés dans ton album
L’album vient de mon spectacle, Le Caprice de Marianne, que j’ai déjà interprété 150 fois avec juste une guitare. C’est pour ça que cet album me ressemble tant. Il y a de l’humeur. Il est drôle, profond, subtil, frais, simple, triste parfois, comme la vie. Il parle beaucoup de la nuit, de gourmandise. Il y a autant de pudeur que d’impudeur, un poil de cynisme, un peu de méchanceté avec la chanson « Les Peoples ». Le clip est beau. Le refrain c’est « Les peoples ont des têtes de gondoles, chantent comme des casseroles. Les people dorment dans la neige et l’alcool. Ils sont tous devenus folles ». Il parait que c’est un très bel album.
Et musicalement ?
Il y a du blues, de la bossa nova, du gospel, du rock, du reggae. Le Caprice de Marianne s’appelle Le Caprice à cause de ça justement. Je suis une femme à facettes comme une boule de discothèque. Autant tendre qu’assassine, solide que fragile, d’où la première chanson qui s’appelle fragile, profonde que superficielle. Il a été écrit à 80% par David André et réalisé par Jacques Ehrahrt qui a réalisé un album d’Alain Chanfort, Jardin d’hiver d’Henri Salvador, Ukuyéyé de Mareva Galanter. J’ai écrit 3 chansons dont une coécrite avec Laurence Boccoloni, qui s’appelle 3,14. Le chiffre Pi. Elle a écrit les paroles et moi la musique.
Comment as-tu rencontré Laurence Boccoloni ?
Par la radio. Nous avons constaté que nous avons plein de choses en commun. Nous nous dissimulons derrière nos carcasses. Nous nous trouvons très belles. Nous sommes à la fois des femmes de pouvoir et des femmes tendres. Elle se cache dans le Maillon et moi dans Ulrika.
Ressens-tu une pression similaire à celle des candidats ?
Oui je pense qu’on ne va pas me louper. Mais me louper c’est comme louper un éléphant dans un couloir. C’est normal, pendant 3 ans, j’ai dit « dégage » ou « reste ». Donc oui je vais être jugé, mais je suis assez sûre de mon goût pour les mélodies, l’interprétation, et c’est un album qui aurait pu être fait en 1972 comme en 2012. Il n’a pas d’âge. Il n’est pas à la mode.
Qu’est ce qui t’a amené à faire de la télé ?
L’expérience de mon personnage d’Ulrika Von Glotte, diva allemande fasciste bougresse. Cette créature a d’abord été invitée à Nulle part ailleurs à la belle époque de Gildas et Decaunes. Le personnage a fait forte impression et j’ai été invitée chez Drucker, puis chez Sébastien, Fogiel,… J’ai eu un bon relationnel et on a continué à m’inviter, en tant que Marianne. Et en octobre 2003, j’ai reçu un coup de fil de Fremantle. J’ai pensé qu’ils voulaient que je sois coach vocal, mais non… Ils m’ont proposé d’être jury. J’ai trouvé ça génial. Je leur ai dit « Je veux bien, j’ai des trucs à dire ». Puis j’ai rencontré les 3 autres et ça l’a fait tout de suite. Nous sommes une bande d’anarchistes. Nous nous entendons très bien.
Qu’est ce qui t’a décidé de re-signer pour la 5ème saison de la Nouvelle star ?
Le chagrin. Je ne pouvais pas tourner le dos à quelque chose qui m’éclate et dont je suis fière. Ça m’a tout apporté et j’étais jalouse des noms que j’entendais pour nous remplacer. Je n’ai pas pu refuser. Ils ont accepté toutes mes conditions.
12:15 Publié dans Musique, people | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : marianne james, interview


